Les France Cartigny En concert, Les France Cartigny c’est trois énergies, une envie. Entre Sylvain et Daniel, France joue de la batterie debout. Forcément. Impossible pour elle de rester à l’arrière, cachée par des cymbales. Sur scène ils doivent pouvoir se sourire, se répondre, suer ensemble. Ils sont heureux et leur bonheur est communicatif. On adore les voir se déchaîner sur scène. Leurs mélodies, leurs voix, leurs grimaces et leurs gimmicks, ils dégagent une telle force, un tel plaisir de jouer ensemble, qu’il semble que tout est possible. À la fin de leurs concerts, il reste une certitude : le monde est à portée de mains. Rencontre avec France, dans un café de Barcelone, juste avant son concert pour le festival Les femmes s'en mêlent.
Les France Cartigny, Marc besse
Son premier album lui aura pété à la figure. Trop fort, trop cru, trop identitaire.
Comme beaucoup de cinéastes, d’écrivains, de groupes arrivés dans un moment où on n’attendait qu’eux, France Cartigny en a eu plus qu’elle ne pouvait en supporter. Pendant qu’elle prenait le temps de digérer sa surirradiation, l’actualité et l’air du temps l’ont oubliée.
Cinq ans après, le deuxième album : En place, passé inaperçu alors qu’il révélait une France dessalée, rétablie dans ses désirs, son blues et sa mélancolie de femme. C’était il y a quatre ans. Et les additions sont cruelles : neuf ans après son premier disque, alors que la trentaine lui échappe, France Cartigny a enfin recollé les morceaux sur ce troisième recueil, Les Meilleurs. Comme les jours meilleurs, les désirs meilleurs, les amours meilleures, les accords meilleurs, les désaccords meilleurs même.
Soit un disque d’intérieur, un pacte de paix avec soi-même, sa musique, ses envies... Une collection de chansons qui se moque du temps, des avis, des imbéciles et des érudits : un truc simple, proche de l’os, des cuisses et du cerveau. Tout électrique, en noisy-pop raide et rigoriste, mais aussi en suggestion, retrouvant les motivations premières de Sensations, son tout premier essai, avec finesse et distanciation, dans des comptines fourrées au venin.
Dans cet impeccable costard orchestral, France a la classe. Avant-hier, elle pétaradait dans la gouaille, elle se replie aujourd’hui dans le minimalisme et enroule de magnifiques fables cyniques, là où elle gueulait jadis la jouissance de la différence.
Les inrocks / Marc Besse
http://www.myspace.com/lesfrancecartigny musique electro concert Les femmes s'en mêlent Les France Cartigny